Il existe des lettres que l’on n’écrit pas pour obtenir une réponse. Des lettres sans date, sans urgence, sans objectif précis. La lettre à soi fait partie de celles-là.
Elle n’a pas besoin d’un événement déclencheur, ni d’une tempête émotionnelle, ni d’une décision radicale à prendre.
Elle se glisse simplement dans un instant calme, entre deux pensées, quand l’âme chuchote doucement : « Et si on s’écoutait un peu ? »
Prends une feuille. Pas la plus belle. Pas la plus parfaite. Juste une feuille prête à accueillir ce qui cherche à sortir.
Prends un stylo, et laisse tomber l’idée d’écrire “bien”. Ici, il ne s’agit pas de style, mais de vérité.
Avant d’écrire, fais une pause. Pose une main sur ton cœur. Respire profondément. Et accepte ceci :tu n’as rien à prouver, rien à expliquer, rien à justifier.
Écris comme on parle à quelqu’un qu’on aime profondément. Écris ce que tu ressens, même si c’est flou. Écris ce que tu tais, même si c’est maladroit. Écris ce que tu espères, même si tu n’y crois pas encore tout à fait.
Lâcher prise, ici, ce n’est pas forcer le message. Ce n’est pas décider à l’avance de ce qui doit être dit. C’est laisser la main suivre le cœur, sans corriger, sans relire, sans juger.
Il n’y a pas de bonne longueur. Pas de bon moment. Pas de bonne raison.
La lettre à soi existe précisément parce qu’elle n’a pas besoin d’exister.
Une fois la lettre terminée, plie-la.
Tu peux la garder, la cacher, la relire plus tard…ou ne jamais la relire.
Tu peux aussi la brûler, comme un symbole doux et puissant de confiance :confiance dans le fait que ce qui devait être dit l’a été.
Ce rituel n’est pas une solution. Il ne promet rien.
C’est une rencontre. Un espace où tu te permets enfin d’être entière, sans masque, sans attente.
Et parfois, c’est largement suffisant.
Ajouter un commentaire
Commentaires