Imbolc, là où je me tiens encore debout.
Imbolc arrive toujours alors que je me sens encore épuisée par toutes ces fêtes de fin d'année. L’hiver a laissé des traces sous mes yeux, la fatigue m’ayant profondément touchée. La lumière revient, oui… mais de manière timide.
Je ne perçois pas Imbolc comme une promesse éclatante. Je l'accueille plutôt comme une flamme fragile que l'on protège entre ses mains.
Pour moi, Imbolc ne signifie pas un renouveau manifeste. C’est le moment où je prends conscience que je suis toujours là.
Ce que l’hiver laisse en moi.
À cette période de l'année, mon énergie n'est pas toujours au rendez-vous. Je me sens souvent plus lente, plus sensible et, parfois, un peu désorientée lorsque je me trouve en compagnie d'autres personnes. Déjà que j'ai du mal à m'intégrer dans des mouvements sociaux, cette période rend les choses encore plus complexes.
Pendant longtemps, j'ai pensé que je ne célébrais pas les sabbats de la manière appropriée. Je croyais qu'il me fallait ressentir plus intensément, agir davantage et célébrer de façon plus festive, surtout en regardant tout ce que l'on voit sur les réseaux sociaux, qui ne reflète finalement pas toujours la réalité.
Après avoir travaillé sur moi-même, j'ai compris quelque chose d'essentiel :
Imbolc ne me demande rien d'extraordinaire, il m'invite simplement à être moi-même, à être authentique par rapport à l'état dans lequel je me trouve.
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Ce qui m’a fatiguée,
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Ce qui m’a aidée à rester forte malgré les difficultés,
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Ce que je ne souhaite plus imposer.
Imbolc n’est pas un départ, c’est une braise.
Dans les livres, le feu d’Imbolc est souvent évoqué comme un grand feu de camp. Cependant, pour moi, ce feu se présente plutôt sous la forme d'une petite flamme timide qui réapparaît paisiblement, un doux besoin de simplicité et une sérénité ressentie dans la poitrine.
Imbolc me rappelle que la vie renaît toujours avec douceur. Rien de solide ne se construit dans la précipitation.
Et surtout, il est important de se rappeler que je n’ai pas besoin d’être en pleine forme pour progresser.
Être sorcière moderne à Imbolc.
Être sorcière aujourd'hui, pour moi, ne signifie pas fuir le monde, ni craindre le bûcher. C’est vivre pleinement, en acceptant ses contraintes, ses réalités et ses contradictions.
Je travaille.
Je doute.
Je me sens fatiguée.
Pourtant, je choisis d’aménager de l’espace pour moi.
Imbolc m'offre l'opportunité de réconcilier différents aspects de ma vie :
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la magie et le quotidien,
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le spirituel et le réel,
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l’intuition et les limites humaines.
Un moment de silence se transforme en rituel. Une tasse chaude devient une offrande. Une intention sincère se mue en acte magique.
Comment je célèbre Imbolc.
Cette année, je choisis de ne pas faire grand-chose. Et c'est totalement délibéré.
Le soir venu, lorsque tout se calme et que les enfants sont couchés, j'allume une bougie blanche. Je prends un moment pour ranger un petit espace, non pas dans un but productif, mais pour respirer un instant. Parfois, je m'occupe de la lessive, d'autres fois, je fais du crochet. J'écris tout ce que je ne souhaite pas emporter avec moi jusqu'au printemps : des douleurs, des blocages...
Je remercie mon corps de m'avoir soutenue jusqu'ici, même dans la fatigue. Il peut sembler simple, mais durant ces instants, je me fais un câlin à moi-même tout en prenant une profonde inspiration.
Je ne demande pas de grands bouleversements. Je désire de la clarté, de la douceur et un peu de chaleur intérieure.
Un rituel intime pour Imbolc.
Quand je ressens le besoin de poser une intention, je murmure ces mots :
En ce temps d’Imbolc, je n’exige pas la floraison. Je protège la braise, celle qui persiste sans bruit. Que la lumière revienne à son rythme, que je n’aie plus à me forcer. Je choisis la patience, et j’honore ce qui tient encore.
Je laisse la bougie se consumer pendant quelques instants. Sans hâte. Sans contrainte. Parfois, je jette un œil à la flamme qui danse et je lui exprime ma gratitude de m'écouter.
Ce qu’Imbolc m’enseigne, chaque année.
Imbolc m’enseigne que :
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Survivre est déjà un acte sacré.
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La lenteur incarne une forme de sagesse.
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La douceur représente un choix empreint de courage.
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La magie la plus authentique se manifeste souvent dans le silence.
Le printemps finira par arriver. Pour l’instant, je choisis de garder la flamme allumée, et de croire que tout est temporaire. Et cela me suffit.
Merci de m’avoir lu,
Douce journée.
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